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2018/04/15

New Paris Tour Company Offers Guided Tours Fitted to Your Wishes and Desires


 … sharing my knowledge and love of Paris is second-nature to me
writes an expatriate American corporate trainer who, after a decade in the City of Light, has taken the leap from trainer to tour guide through her Paris Personally company, which personalizes tours to your wishes and desires (see a sample of Tour Ideas). Gina Hunt continues:
 … if you've decided to hire someone to help you get the most out of your trip, then you're not just looking for a cookie-cutter tour. You're looking to see Paris in a personal way. You're looking to make your experience of Paris unique and memorable. That's why you're looking for Paris Personally.

 … because I know how to personalize your experience, you'll enjoy Paris in a unique and memorable way. I'm always professional, always focused on helping you have a great time, and I speak fluent French, bien sûr!
FAQ 

Contact Ms. Hunt at gina@paris-personally.com or through her contact page to see a sample itinerary and learn more details of how Paris Personally's small group trips work.

2018/04/12

Un baromètre annuel sur les usagers de la route peine à trouver la raison principale du stress chez les automobilistes


La vitesse et les incivilités sont les deux fléaux appréhendés par les Français usagers de la route. Tel est l'enseignement majeur du 14e baromètre annuel d'Axa Prévention publié ce mardi. Les résultats laissent perplexe. Malgré la baisse des morts sur la route depuis la création de ce baromètre en 2004 (on dénombre 3456 tués en 2017, soit presque 2000 de moins qu'il y a treize ans), les usagers de la route sont de plus en plus stressés. ...
Il semblerait que des sociétés comme Axa Prévention peuvent réaliser des grandes études sur les automobilistes "de plus en plus stressés", en passant carrément à côté — tout comme les médias — de ce qui est sans doute la raison principale de ce stress (noter, dans cette perspective, la nouvelle limite de lenteur, pardon de vitesse, sur le périphérique dans le panneau sur la photo…)
"Les résultats laissent perplexe." 
écrit Eric de La Chesnais dans Le Figaro.

Ah bon ?!

Comme le dit Olivier Messmer,
"Et l'excès de radars sur nos routes, ne contribuent
ils pas à l'augmentation du stress au volant ?"
Ainsi que le sentiment d'être bridé, surveillé et sanctionné sans cesse…

2018/04/11

"Laissez-nous vivre !" crie Valeurs Actuelles ; et "Arrêtez d'emmerder les Français !"


Dans un dossier adressé à ceux qui nous gouvernent, avec un demi-douzaine d'articles ainsi qu'une interview, l'hebdomadaire Valeurs Actuelles crie Laissez-nous vivre ! et met en couverture une phrase de Pompidou : Arrêtez d'emmerder les Français !

Normes : mais puisqu’on vous dit que c’est pour votre bien !

Rééduquer le comportement et les habitudes de M. Tout-le-Monde est le grand rêve de nos gouvernants. Dicter nos vies, un fantasme collectiviste devenu réalité.

Défense de fumer !

Huit euros en 2018, 9 euros en 2019, 10 euros en 2020… À raison d’un euro par an, le prix de vos Gauloises et de vos Marlboro ne cesse d’augmenter. Les objectifs de santé publique, toujours, sont là pour nous faire avaler la pilule : il s’agit bien de faire baisser les ventes légales de paquets de tabac « de 10 à 15 % cette année ». Les paquets neutres affich...

Normes absurdes : une imagination sans limites









Par

Emploi, sport, nourriture… Les normes ont envahi nos vies. Plongée parmi celles qui sont les plus ubuesques.

Quelle drôle d’idée de changer une ampoule !

L’électricité est un risque majeur en entreprise : après un accident du travail lié à l’électricité (1 sur 1 000), 10 % des victimes restent invalides et 1 % décèdent. Le code du travail a donc tout prévu, notamment avec l’article R4544-9 : « Les opérations sur les installations électriques ou dans leur voisinage ne peuvent être...

Quand les normes mènent la vie dure aux entrepreneurs...

Pris entre le marteau de la loi et l’enclume de l’administration, les entrepreneurs peinent à suivre le rythme frénétique des normes.

Les fous du contrôle

Au nom de la sécurité dans l’entreprise, le législateur ne s’embarrasse pas toujours de savoir si son remède va tuer le malade. Lorsqu’il s’agit, par exemple, de veiller sur la santé des ouvriers qui fabriquent des meubles, menacés par la sciure de bois dans les ateliers, il décrète un taux de poussière maximal cinq fois plus faible que la norme européenne...

Normes : un gouffre pour l’immobilier !

Par
Marie de Greef-Madelin

Normes de construction, d’accessibilité, respect de la faune, de la flore… cet empilement est un casse-tête pour les promoteurs.

La réglementation dans le bâtiment ? Rien de plus pervers. De l’empilement des normes aux nouvelles règles techniques, Thierry Verninas, directeur innovation du promoteur Kaufman & Broad, en a observé l’évolution et mesure, aujourd’hui, l’étendue des dégâts. Le voilà, après trente ans d’expérience dans la profession, qui estime que « la surenchère des normes a coûté tr...




Normes dans l'agriculture : au secours, les paysans étouffent !

Bien-être animal, normes écologiques, sécurité alimentaire, transition énergétique… les paysans sont pris dans un tourbillon de normes. Jusqu’à étouffer.

Heureusement, ce matin, il ne pleut pas. Chaque fois qu’il scrute la météo, l’agriculteur évoque les risques qu’il encourt : jusqu’à trois ans de prison et une forte amende s’il utilise son tracteur les jours de pluie et souille de boue la chaussée. Par temps de gel, la réglementation lui interdit aussi de traiter les champs. Quant au vent, le degré d’intensité doit être infé...


Normes : quand Bruxelles s’y met...!

Normes loufoques ? L’Union européenne n’est pas en reste, de la taille du concombre au remplissage des conserves de sauce tomate. Morceaux choisis …

S’il est deux objets que les fonctionnaires européens maîtrisent parfaitement, ce sont le double décimètre et le pied à coulisse ! Les maraîchers doivent faire preuve d’une grande vigilance pour appliquer le règlement 543/2011 sur les fruits et légumes. La clémentine doit avoir un diamètre minimal de 3,5 centimètres et avoir une teneur en jus de 40 %. Pour le citron, le diamètre est de...




Normes, interdictions, contraintes... Laissez-nous vivre !

Toujours plus de normes. Si les intentions sont souvent louables, leur accumulation rend la vie des entreprises comme celle des particuliers impossibles. Après le ras-le-bol fiscal, voici venir le ras-le-bol normatif…

Si, lors d’une de vos pérégrinations campagnardes, vous passez devant un élevage de porcs et constatez que les cochons gambadent joyeusement derrière un ballon, ne vous étonnez pas, ils se déstressent… La présence de ballon, comme l’écoute régulière de musique classique dans les bâtiments où ils passent la nuit, fait désormais partie des normes du bien-être animal.
Des normes...

Guillaume Poitrinal : “Notre complexité administrative coûte des milliards”





Par

Guillaume Poitrinal, ancien président d’Unibail-Rodamco, a coprésidé le Conseil de simplification voulu par François Hollande, en 2013. Aujourd’hui, il préside Woodeum et, depuis 2017, la Fondation du patrimoine. Pour lui, il faut non seulement poursuivre les efforts de simplification, mais surtout les accroître.

Que vous inspire la célèbre phrase de Georges Pompidou reprise par Emmanuel Macron : « Arrêtez d’emmerder les Français ! » ?

Deux réflexions. La première relève de la consternation : sans interruption depuis Pompidou, et avec une accélération sous Raymond Barre, on a essayé de simplifier notre bureaucratie, de rendre plus fluides les échanges avec l’administration. ...
 

2018/03/23

Hergé Exhibit in Odense's Brandts Museum Visited by Crown Prince Frederik

Jakob Stegelmann (th) var med som Tintin-ekspert, da kronprins Frederik så udstillingen på Brandts. V til H: Erik Svane, Belgisk ambassadør Leo Peeters, Odense borgmester Peter Rahbæk Juel, Kronprins Frederik, direktør for Brandts Mads Damsbo, Jakob Stegelmann
At the last moment, I was asked to join the tour of Brandts's Hergé exhibit in Odense for Crown Prince Frederik, since I had met the Belgian artist as a child when one of the Danish Embassy's top honchos (none other than my father) helped get two signed Tintin albums to the Danish princes (the one to Kronprins Frederik being Tintin au Tibet). Photos by Fyns Stifitstidendes Birgitte Carol Holberg
Kronprins Frederik fik en rundvisning i den nye Hergé-udstilling af flere Tintin-eksperter. Her snakker han med Nick Rodwell, direktør for Musée Hergé, mens borgmester Peter Rahbæk Juel (i midten) og tengeserie-elsker Jakob Stegelmann (th) ser på. V til H: Nick Rodwell, Belgisk ambassadør Leo Peeters (skjult), Kronprins Frederik, Erik Svane, Odense borgmester Peter Rahbæk Juel, unknown, Jakob Stegelmann. (Michael Farr var også tilstede.)

More photos aqui

2018/03/14

Limitation à 80 km/h : le problème n’est pas la vitesse, mais la lenteur !

Le site Contrepoints ("le seul média qui défend vos idées") a un auteur invité

Limitation à 80 km/h : le problème n’est pas la vitesse, mais la lenteur !

C’est une limite de lenteur que la France, comme seul pays de l’Union Européenne, propose régulièrement de réduire encore plus, en particulier avec la nouvelle loi sur les 80km/h sur les routes.
Par Erik Svane.

La limitation de la vitesse à 80km/h sur les routes ne vise pas à protéger les citoyens mais à les soumettre aux impératifs de la lenteur. Par rapport à la seule politique de la sécurité routière en France, ne semblerait-il pas exagéré d’avancer qu’elle montrerait que le gouvernement est tyrannique et que les citoyens sont des esclaves ?

Et pourtant…

Le problème fondamental avec la soi-disant sécurité routière, c’est que dès la case départ, les autorités trichent — le gouvernement triche avec les termes de base propres à la conversation.
Lire aussi Limitation à 80 km/h : la bourse ou la vie ?
Nous parlons évidemment d’expressions comme la limite de vitesse ainsi que le mauvais comportement des délinquants punis pour excès de vitesse ou vitesse excessive.

Quand les conducteurs lambda sont verbalisés, ce n’est pas pour avoir roulé trop vite, non, pas du tout. N’ayons pas peur de dire la vérité, c’est pour ne pas avoir roulé assez lentement.

Ne pas se laisser tromper par la langue

La conclusion est inévitable : on ne devrait pas dire la limite de vitesse — expression qui serait à assimiler à la Novlangue (La liberté c’est l’esclavage) dans le roman d’anticipation de George Orwell, 1984 — mais la limite de lenteur ; et les VMA (les Vitesses Maximales Autorisées) devraient donc être nommées les LMA (les Lenteurs Maximales Autorisées).

C’est une limite de lenteur que la France, comme seul pays de l’Union Européenne, propose régulièrement de réduire encore plus ; et pour quelle raison sinon accroître la répression, la persécution, et le matraquage des citoyens ?

Jean Much explique que, de fait, le mot « vitesse » a deux significations :
C’est la confusion savamment entretenue par les pouvoirs publics entre « excès de vitesse » qui, au sens légal, signifie juste « dépassement de la limitation de vitesse en vigueur » et « vitesse excessive » qui signifie « rouler réellement trop vite par rapport aux conditions de circulation, au profil de la route, à la météo, etc.
Or, ces deux notions n’ont absolument rien à voir ! Dépasser la limitation de vitesse en vigueur ne présente en soi aucun danger, a fortiori quand la limitation en question est absurde et totalement contre nature pour un conducteur digne de ce nom (trop basse de manière injustifiée et l’on rejoint là la notion de lenteur). La vitesse excessive, elle, est la véritable source de danger.
Bien entendu, tout le système répressif est basé sur le fait de sanctionner des excès de vitesse au sens légal (c’est-à-dire rentable) du terme en les assimilant à de la vitesse excessive… Et conduit à sanctionner, dans l’immense majorité des cas des comportements qui ne sont en fait pas dangereux…
En l’espace de cinq heures, un jour de mars 2015, un seul et unique radar de la police danoise a recueilli tellement d’argent sur une minuscule portion de l’autoroute au sud de Copenhague qu’il a fait la Une des quotidiens du Danemark. Mais ce qui importe, ce n’est pas que les autorités avaient encaissé 2 millions de couronnes (presque 270.000 euros) en moins d’un quart de journée, c’est que l’article ne faisait état d’aucune victime, ni même d’un seul accident de la journée, voire d’un seul accrochage.

La vitesse n’a rien à voir avec la sécurité

Il n’y a pas 36 conclusions à tirer de cette observation. Si des milliers de véhicules peuvent conduire « dangereusement » en « violant » les lois sécuritaires sans le moindre accident ou accrochage (et ce quel que soit le pays), c’est que les limites de vitesse (sic) n’ont que peu, sinon rien à voir avec la sécurité ; du coup, quelle autre conclusion tirer que les radars ne sont rien d’autre qu’un racket ?

Pis : on pourrait en outre accuser les gouvernements d’entraver leur rôle attitré (la protection de la population) et de rendre la route plus dangereuse pour tous.

La première cause de mortalité sur les autoroutes, en effet — ces routes qui sont les plus sûres du pays —, ce n’est nullement la vitesse mais la somnolence. Or, quelle est la cause de la somnolence si ce n’est une limite de vitesse (sic) soporifique (ou plutôt une limite de lenteur soporifique) ?

De quand date cette limite de 130 km/h ? Des années… 1970. Les autos n’auraient-elles pas évolué technologiquement depuis plus de 40 ans ? (Comparer les téléphones de l’époque — tournez-le, ce cadran ! — avec les smartphones d’aujourd’hui…) Et par ailleurs, pour quelle raison la limite a-t-elle été instaurée ? Pour la sécurité (de tous) ? Non, pour des raisons purement économiques (réagir au choc pétrolier causé par l’OPEP)…

Contre les robots

Un mot pour ceux qui défendent machinalement les autorités, j’ai nommé les yakas (y’a qu’à se taire et respecter la limite de vitesse, y’a qu’à jamais dépasser 130, y’a qu’à passer 2-3 heures de plus sur la route (tout en accroissant le nombre de véhicules sur lesdites routes et donc les risques d’un embouteillage en plus du danger d’un accident), y’a qu’à pas s’endormir au volant, y’a qu’à jamais être en retard, y’a qu’à payer les contraventions avec humilité, y’a qu’à accepter de se faire traiter comme des enfants turbulents qui doivent se taire et obéïr tout en restant bien sages, etc…) : la pensée, le véritable désir des YAKAs — qu’ils soient parmi nos dirigeants ou parmi la population —, c’est que les citoyens sont, ou qu’ils devraient devenir, des pantins, des robots.

Avec les airbags, les systèmes de freinage ABS, et autres modernités, une limitation raisonnable sur autoroute devrait être autour de 150—160 km/h (50 en ville, bien entendu, pour la vie des piétons), voire être sans restrictions comme chez nos voisins allemands qui n’ont nullement une mortalité plus élevée sur Autobahn qu’en Hexagone, au contraire.

La bonne conduite, et donc la sécurité, pour toute personne utilisant son cerveau et son bon sens c’est regarder principalement la route et  faire attention aux objets qui bougent (autres véhicules, passants, animaux…) — qui signalent êtres humains ou êtres vivants…

Ce qu’exigent les yakas, c’est : regarder principalement l’intérieur du véhicule (le tableau de bord et ses tachymètres) et faire attention aux objects fixes (panneaux de signalisation etc…) sans âme et sans vie…

Laquelle des deux conduites est la plus intelligente ? Lequel des deux conducteurs est le plus attentif à autrui ?

2018/03/13

L'affaire Tariq Ramadan n'est-elle pas exemplaire de la vie sous la gauche ?


On est consterné de lire l'article de Ian Hamel dans Le Point ; la description qu'il fait d'un "fait divers" ne serait-elle pas exemplaire de la vie dans une société construit par la gauche ?

Des VIPs et des porte-parole dont une grande partie du passé se révèle être, tant soit peu, mensongère ;
les individus qui croient que tout leur est dû et qui crient à la victimisation ;
cris au racisme, au sexisme, au patriarcat, contre les affreux "déplorables" de la société traditionaliste, etc, etc, etc…
la politisation de tout aspect de la vie et de la société ;
l'intervention conséquente de VIPs socialistes dans une affaire qui ne devrait pas concerner les politiciens ni personne en-dehors du monde de l'éducation ;
la discrétion de la presse lorsqu'il s'agit des personnalités de gauche (qui a jamais su que l'épouse de Jean Ziegler était communiste et, plus que ça, députée du parti communiste ? imagine-t'on que la presse refuse d'évoquer, dans le cas d'un hypothétique élu UDF, son épouse si celle-ci faisait partie du Front National et si, de plus, elle était députée du FN ?)
— les journalistes sont toujours prêts à porter des accusations d'appartenir à l'extrême droite mais ils sont beaucoup plus discrets avec les descriptions lorsqu'il s'agit de gens de gauche — ;
le côtoiement de gauchistes, aberrant, avec des célébrités de "droite" tels que l'abbé Pierre, Mère Teresa, monseigneur Gaillot…
Quelle société idéale que la gauche nous a fabriqué là !
Spécialiste de la philosophie arabe médiévale (il a fait sa thèse sur Averroès), Charles Genequand demande en 1994 à Tariq Ramadan d'apporter de multiples corrections à son mémoire de pré-doctorat. Mais ce dernier refuse. Mieux, « il harcèle les membres du jury pour obtenir [sa thèse] au plus vite » (1). L'étudiant va même jusqu'à menacer un autre membre du jury, Ali Merad, professeur émérite à l'université de la Sorbonne Nouvelle Paris-III. Résultat, trois membres du jury démissionnent. Que fait Tariq Ramadan ? Il se lance dans la théorie du complot : c'est parce qu'il est arabe que l'université lui refuserait sa thèse !

Actif dans les campagnes électorales

Il reçoit le soutien du sociologue Jean Ziegler. Internationalement connu depuis la publication de La Suisse lave plus blanc, qui met en cause le blanchiment d'argent, Jean Ziegler est député socialiste au niveau fédéral. Sa compagne, Erica Deuber-Ziegler, est députée communiste au Grand Conseil (le parlement genevois). Ils mobilisent aussitôt leurs amis, politiques, intellectuels, universitaires. Il faut savoir que, lors des campagnes électorales, Tariq Ramadan et l'un de ses frères n'ont pas ménagé leur peine pour faire élire Jean Ziegler, maniant la colle et distribuant des tracts.

Face à une mobilisation de la gauche (elle est minoritaire dans le canton, mais majoritaire en ville de Genève), l'université prend peur, elle craint le scandale. La Cité de Calvin n'aime pas les polémiques autour de l'islam, d'autant qu'elle accueille beaucoup de riches Saoudiens, Koweïtiens et Émiratis. En catimini, la faculté décide de constituer un second jury afin de donner « une nouvelle chance » à Tariq Ramadan. Tâche particulièrement complexe, les candidats ne se bousculent pas en Suisse francophone. C'est finalement un Allemand, Reinhard Schulze, professeur d'islamologie et de philologie orientale à l'université de Berne, qui hérite de la difficile mission « de faire admettre à Tariq Ramadan qu'il devait modifier sa thèse afin qu'elle devienne acceptable pour un jury d'université ». Cela va mettre plusieurs années.


Fermeture des portes de l'université

Reinhard Schulze n'a jamais été convaincu par le travail de son élève. Mais il accepte que ce dernier puisse interpréter à sa manière l'histoire des idées. … Le jury fait le « job » et accepte la thèse en 1999, mais il ne lui accorde même pas la mention « très honorable », ce qui signifie en langage universitaire que les portes des facultés de Suisse sont fermées à Tariq Ramadan.

Le prédicateur obtient malgré tout la possibilité de présenter un exposé bénévolement une heure par semaine à l'université de Fribourg, ce qui va lui permettre de se présenter comme professeur d'université en France. La thèse est publiée en France aux éditions Tawhid en 2002, préfacée par Alain Gresh, rédacteur en chef du Monde diplomatique.
 
Lire aussi Tariq Ramadan aurait usurpé ses titres universitaires

 …

Théologie de la libération

Pourquoi Jean Ziegler a-t-il remué ciel et terre pour le prédicateur controversé ? Affaire de contexte. Dans les années 90, Tariq Ramadan militait à gauche, sinon à l'extrême gauche, flirtant avec les trotskystes. Il réussissait souvent à convaincre que les Frères musulmans, persécutés en Égypte, étaient des humanistes, non violents, à l'idéologie comparable à celle des chrétiens progressistes d'Amérique du Sud, adeptes de la théologie de la libération. Le prédicateur multipliait les contacts avec des figures connues du christianisme, comme l'abbé Pierre, Mère Teresa, monseigneur Gaillot, les membres du groupe d'amitié islamo-chrétienne, ou encore le père Christian Delorme, le « curé des Minguettes » dans la région lyonnaise.
(1) Ian Hamel, La Vérité sur Tariq Ramadan. Sa famille, ses réseaux, sa stratégie. Éditions Favre, 358 pages.

2018/02/16

La France, le numéro 1 européen du radar ; ou : la politique de répression basée sur des «vérités» qui ne sont universelles que dans les antichambres de quelques bureaux de bobos privilégiés, parisianistes de surcroît

Que faire lorsque l’on est en panne d’idée pour abaisser la mortalité routière ? 
se demande Pierre Chasseray sur le site Contrepoints.
Que faire lorsque vous êtes emprisonné dans une politique de répression à outrance visant à contrebalancer le coût de mesures saugrenues par des rentrées financières ?

Poser des radars alors que le reste de l’Europe les retire, comme en Angleterre, pourtant champion de la sécurité routière en Europe ? Ça, c’est fait ! Ne pas appliquer la moindre tolérance et se limiter à la marge de pondération de l’appareil visant à couvrir les erreurs de mesure ? Fait aussi !

Générer 90% des recettes de la radarothérapie avec la traque de tout petits excès de vitesse involontaires de quelques km/h alors que les autres pays européens appliquent une tolérance ? Trop facile ! Déjà fait !

Tenter de devenir le numéro 1 européen du radar avec 24,44 millions de flashes par an, quitte à générer un dégoût des Français qui se ressent avec des chiffres de dégradation de radars en perpétuelle hausse, sans même l’intervention de quelques bonnets rouges ?

L’exploit de la Sécurité routière

La Sécurité routière avait déjà réussi cet exploit ! Ah, tiens, pourquoi ne pas retirer les Forces de l’Ordre des routes et mettre entre les mains de sociétés privées des radars cachés dans des plaques d’immatriculation ? Nous n’en n’avions pas rêvé, les gouvernements Hollande et Macron s’en chargent !

Une autre idée ? Un volontaire pour une dernière mesure stupide qui finira de dégoûter les Français de la Sécurité routière telle qu’elle est pensée aujourd’hui ? Qui a une proposition pour enfoncer le clou ? Emmanuel ? Édouard ? Chantal ? Mais bien sûr…

Voyons… « La baisse de la limitation de vitesse », propose l’une. « On pourrait se cacher derrière des formules mathématiques », répond l’autre. Et dire aux Français que « plus on roule vite, plus le mur est dur ! ». Une dernière fouille dans ses notes à la recherche du Graal : « ça y est, j’ai trouvé une étude des années 70/80 en Suède, qui dit que la puissance de la force au carré de l’énergie cinétique de bidulchouette génère des accidents… ça fait très Star Wars, on va pouvoir convaincre les Français et leur faire avaler la pilule. »

La triste réalité

Bien sûr, je plaisante… Mais la réalité est si triste qu’il vaut mieux s’empresser d’en rire, de peur d’en pleurer.

Chaque année, près de 3 500 personnes perdent la vie sur la route, ou plutôt sur des routes de plus en plus dégradées. Chaque année, la majorité de ceux-là perdent la vie et entraînent des victimes par la faute d’une alcoolémie facilement évitable et sans la moindre réaction des Pouvoirs publics. Les Forces de l’Ordre sont dépourvues de moyens, déshabillées par des radars automatiques et une privatisation de la Sécurité routière qui leur ôte toute possibilité de prévention et de poursuite des comportements dangereux. Face à cela, rien !

Même si la France est clairement opposée à cette baisse de la limitation de vitesse, j’entends encore parfois quelques voix s’élever pour me demander pourquoi nous nous opposons à « sauver des vies », récitant avec une conviction pardonnable la propagande gouvernementale. Voici les arguments en quelques points irréfutables, contestant les cours de mathématiques rudimentaires de piliers de comptoirs de la buvette de l’ENA.

Le consensus européen

Un consensus européen admet une limitation de vitesse à 90 km/h sur le réseau secondaire. Seules quelques rares exceptions admettent une limitation plus élevée, comme en Angleterre ou en Allemagne (respectivement 97 et 100 km/h), ou inférieure, comme aux Pays-Bas ou au Danemark (80 km/h), bien que, comme l’a révélé notre association 40 millions d’automobilistes dans un reportage réalisé au Danemark, ce pays est en train d’expérimenter avec succès la hausse de la limitation de vitesse à 90 km/h. Tout comme le Danemark avait récemment passé certaines de ses autoroutes de 110 à 130 km/h avec succès, il passe aujourd’hui progressivement à 90 km/h.

Le point commun de ces pays, que la limitation de vitesse soit supérieure ou inférieure ? Ils connaissent tous des statistiques de sécurité routière largement meilleure que la France. C’est bel et bien la preuve par A+B que la limitation est loin d’être le gage d’une plus grande sécurité sur la route. Cela devrait suffire à plier un débat sans queue ni tête. Mais pourtant, cela ne persuade pas nos énarques de ne pas détenir la vérité seuls contre le monde entier !

Une expérience peu concluante

Second argument, une expérimentation du 80 km/h est conduite en France sous l’impulsion du gouvernement Hollande depuis 2015. De l’aveu même de la Sécurité routière, cette expérimentation a été jugée non concluante en termes d’accidents.

Ils n’ont alors pas hésité à tordre l’étude pour lui faire dire par ricochet ce qu’elle ne dit pas, quitte à utiliser un argument choc digne du fil à couper le beurre : ils auraient mesuré une légère baisse des vitesses pratiquées en abaissant la limitation de vitesse !

On croirait presque rêver devant la faiblesse de tels arguments, qui ne vaudraient pas 1/20 dans une dissertation de lycéen ! Pour éviter le redoublement, la Sécurité routière se lance dans un argumentaire capillotracté  génial de mauvaise foi ! La baisse de la vitesse moyenne de quelques poussières de km/h devrait limiter la gravité de l’accident.

Rien contre les causes de l’accident

Bien qu’il semble assez rudimentaire de rappeler qu’un choc frontal à 90, 80, voire même à 70, conduit au même drame, il est assez affligeant de constater que la France admet par cela être dans l’incapacité de lutter contre la cause même de l’accident. Mais il est absolument surréaliste de constater que sans la moindre étude, la France accepte de prendre une mesure à contre-courant des vérités de sécurité routière européenne et mondiale !

Face à ce vide abyssal d’arguments des « pro charrette à bœuf », de plus en plus de voix s’élèvent aux côtés de l’association 40 millions d’automobilistes : le Sénat vient de marquer son opposition franche et massive à la méthode employée par le gouvernement ; l’Assemblée nationale, souvent « en route » en circonscription, est majoritairement prisonnière d’un statut « en marche », mais ne cache pas son opposition à cette mesure, en petits comités ; des ministres ont ouvertement marqué leur opposition comme Jacques Mézard, le ministre de la Cohésion des territoires.

Gérard Collomb lui-même, ministre de l’Intérieur, serait défavorable à cette mesure impopulaire et davantage ouvert à une modulation intelligente de la limitation en fonction de la dangerosité ; nos amis de la FFMC – Fédération des Motards en Colère – marquent sur le terrain l’écrasante opposition à la mesure au moyen de manifestations organisées sur tout le territoire, main dans la main avec l’association 40 millions d’automobilistes.

Ce n’est que tous unis et solidaires, ensemble dans le même bateau, que nous pourrons faire entendre raison à un Premier ministre influencé par des vérités qui ne sont universelles que dans les antichambres de quelques bureaux de bobos privilégiés, parisianistes de surcroît.

À une politique de Sécurité routière ratée, répondons par une réalité sans politique. Efficace. Avec les usagers de la route et non contre eux. Faisons en sorte de faire entendre raison à ceux qui préfèrent limiter la vitesse d’impact que lutter contre la cause des accidents.

Et n’oublions pas que la Sécurité routière devrait être populaire. Si ce n’est pas le cas, c’est un échec !

2018/01/11

Differences Between How France and the UK Treat Their Drivers


A day or two after Édouard Philippe announced that the repression and persecution of French motorists would go up in July by the speed limit being lowered by 10 km on 400,000 km of highways, Mike Wade reports in The Times that
Drivers caught speeding in Scotland are to be offered “awareness courses” instead of points on their licence.

In a move that would bring Sottish regulations into line with those in England and Wales, motorists will be given the chance to avoid a three-point penalty and £100 fine if they pay to attend an official speed-awareness course. The reform has been authorised by James Wolffe, QC, the lord advocate.

A Crown Office spokeswoman said that Police Scotland had been granted permission to begin looking into using the courses as an alternative to prosecution. The final decision on whether to introduce such courses would be contingent on the UK government’s evaluation of their effectiveness, although experts believe that they will go ahead …
PS: Notice Britain's yellow speed readers which, contrary to France's stealth radars, are supposed to
provide drivers with a visual warning ahead of time of their presence.

2018/01/02

Il semble évident que sans bornes, sans limites, sans signalisation pléthorique, sans interdictions multiples et décrites dans d’épais textes de loi, chaque individu, mis au volant d’une voiture, va immédiatement se transformer en monstre homicide aux instincts psychopathologiques débridés


En Socialie française, la marche vers le progrès est parfois malaisée, mais elle n’en persiste pas moins
écrivait Hashtable sur son site il y a trois ans dans un post qui n'en est pas moins (totalement) à jour et qui prédisait même la collision de Millas.
Et comme le progrès implique que tout le monde arrive à bon port sans la moindre égratignure, épargné par tous les bobos de la vie, y compris et surtout ceux qui lui donnent son intérêt, on évitera donc de s’y précipiter. C’est pourquoi le gouvernement a décidé de réduire les vitesses maximum autorisées sur le réseau secondaire.

Oh, pour le moment, il s’agit simplement, comme l’explique le Ministère, d’un test … [On a pu voir] une augmentation assez sensible de la pression des pouvoirs publics sur les routes de France, pression largement entretenue par les habituels lobbies d’acharnement anti-automobilistes au premier rang desquels on trouve une Sécurité Routière pour laquelle tant qu’un véhicule roule, un danger existe.

La lutte contre le conducteur automobile continue donc, sans relâche. Et pendant qu’on continuera à l’espionner, le traquer, en mesurer la vitesse et le nombre de points sur son permis, on en profitera aussi pour le poursuivre de taxations et de malus à l’achat pour avoir eu l’impudence de choisir un véhicule diesel, sachant que le véhicule essence sera, lui, tabassé de ponctions au moment du passage à la pompe. L’interdiction du diesel est pour bientôt.

Moyennant quoi, l’ex-automobiliste, échappant à l’opprobre et à la ruine que constitue une voiture (hideux engin d’individualisme pollueur !), pourra se jeter joyeusement sur les vélos que les municipalités lui mettront à disposition, pour profiter de l’affabilité des agents de police locaux qui lui remonteront les bretelles et lui grignoteront le portefeuille par le truchement d’amendes spéciales, amplement méritées pour avoir voulu, encore une fois, se rendre du point A au point B en toute indépendance.

Voyons le bon côté des choses : la marche vers le progrès, déjà fort chaotique, se fera dorénavant sur des vélos, non polluants, ultimement respectueux des codes routiers qu’il sera d’autant plus facile à honorer qu’il n’y aura plus de voitures.

Tout ceci est bel et bon, et on voit d’emblée qu’une fois le diesel interdit, les routes limitées à 0 km/h (seule limitation en mesure de garantir que plus personne ne mourra par la vitesse en voiture) et les vélos apprivoisés, le monde en sera plus calme, plus serein et plus apte à fournir cette sécurité qui semble tant manquer à cette frange de la population qui a décidé pour tous ce qui est bon pour nous.

Pourtant, comme le rappelle un récent article paru sur Contrepoints, d’autres pays ont déjà testé des mesures sensiblement différentes. Ainsi, l’Angleterre et l’Allemagne, dont les vitesses maximales autorisées sur l’infrastructure routière secondaire sont supérieures à 80 km/h (60 mph pour l’Angleterre, et 100 km/h pour l’Allemagne), montrent tous les jours qu’une vitesse supérieure n’est pas synonyme d’accidents plus nombreux (d’ailleurs, en Allemagne, 66% du réseau autoroutier est sans limite de vitesse). Ainsi, le Danemark a choisi d’augmenter la limitation de vitesse sur son réseau principal sans pour autant constater un désastre humain. Du contraire, même : ce pays a divisé par deux la mortalité de ses routes.

Pourtant, à part cogner sur l’automobiliste en le pourchassant avec des radars, des forces de l’ordre certainement plus utiles ailleurs, et des ponctions qui abondent au tonneau public des Danaïdes, il existe probablement d’autres méthodes, d’autres solutions pour obtenir le résultat affiché officiellement. Tiens, par exemple, et si on faisait un peu confiance aux conducteurs pour se responsabiliser, une fois de temps en temps ?

Bien sûr, il semble absolument évident que sans bornes, sans limites, sans signalisation pléthorique, sans interdictions multiples et décrites dans d’épais textes de loi, chaque individu, mis au volant d’une voiture ou à bord de son vélib bi-turbo jantes alliage, va immédiatement se transformer en monstre homicide aux instincts psychopathologiques débridés ! C’est d’ailleurs ce qui s’est passé dans certaines villes (comme ici, aux Pays-Bas) où on a choisi d’abolir la signalisation routière et où le massacre routier a pris des proportions inouïes.

En outre, on ne peut pas s’empêcher de penser que l’infrastructure elle-même, soigneusement mise à l’écart de toute discussion de fond concernant la sécurité routière, a tout de même un petit rôle à jouer. Comment ne pas constater que nombre de passages à niveau sont encore mal ou peu protégés en France et qu’ils sont la cause d’accidents fréquents, souvent mortels ? On n’entend pas trop la Sécurité Routière se plaindre de la vitesse des trains qui viennent pourtant méchamment heurter les cyclistes, voitures et autres camions coincés à ces points noirs…

 … À tout prendre, la baisse de vitesse sur l’infrastructure à dépendance de l’État aurait tendance à indiquer surtout que ce dernier n’ose plus laisser les gens rouler à une vitesse normale, celle observée dans les autres pays en tout cas, car il n’aurait plus confiance dans son infrastructure. Et comme c’est à lui que revient la responsabilité de l’entretenir, on peut supposer sans mal qu’elle se dégrade suffisamment pour qu’il ait trouvé cette solution, assez médiocre, pour contourner le problème : grâce à l’application de la sécurité routière, pouf, c’est magique, on roulera moins vite sur une infrastructure dégradée qu’on pourra conserver en état médiocre plus longtemps.

Bonus non négligeable : les amendes ainsi provoquées par les abaissements ridicules de vitesse permettront de renflouer un peu les caisses de l’État, et de faire pourchasser les affreux délinquants routiers par une police et une gendarmerie qui n’a pas prouvé toute son efficacité au contact d’autres types de gentils délinquants (très jeunes et/ou turbo-récidivistes).
Parmi les nombreux commentaires (souvent très très bons), retenons celui de Taisson le :
Oui nous sommes les « méchants »…

 … tout ce qui doit être éliminé pour mener à bien le projet de vie aseptisée, régimentée, avec tout le fun de la fourmilière, qui est celui de la société égalitariste socialiste.

Ringardiser l’automobile, accabler de tracas ceux qui veulent s’en servir, déviriliser les mâles, faire du travail manuel une honte, haïr et mépriser le passé de nos aïeux, détester l’industrie, la finance et tout ce qui est productif, c’est le même combat !

… La démagogie actuelle consiste à récupérer toutes les vielles haines et jalousies cumulées envers les moyens de déplacement individuels, qui sont une constante chez les communistes (j’ai même connu des vieux staliniens qui refusaient de passer leur permis..), et à les enrober dans une sauce égalitaire et sécuritaire, et surtout écologique !!

Et ça marche super bien : tous ceux qui ne roulent que sur les petites routes de campagne, ou atteindre 90 est une performance, se croient à l’abri, idem pour les citadins…

Tous ceux qui passent le 90 sont donc « les autres », donc des fous dangereux…

Et bien évidemment, les contrôles se feront dans les lignes droites sans risque… Jackpot !!

Bandes de couillons !

Vive les méchants, les « blaireaux « et les « beaufs » et puis, tiens, je vais aller mettre en marche mes moteurs diesels dans le garage histoire d’émettre des particules!

2017/12/27

3500 morts sur les routes par an ? Plus d’un demi-million de gens meurent en France chaque année, dont plus de 9400 de chute; Faudrait-il mettre des radars dans les escaliers ?


On parle beaucoup des accidents de la route 
note Patrice Vergès (merci à Loran Boury) dans 7 Jours à Clermont.
Beaucoup moins d'autres décès tout aussi accidentels...

 … En tant que journaliste automobile, on m’oppose souvent le nombre de morts sur les routes comme si j’en étais le responsable : 3469 en 2016 dont environ 1600 automobilistes. Le reste se répartissant entre les piétons et les deux roues (près de 900 !).

Ce sont des morts dont on parle beaucoup car ils rapportent de l’argent à l’État à travers la chasse aux automobilistes qui sert à considérer ce dernier systématiquement responsable de son accident. Certes, 1600 morts c’est encore beaucoup mais le chiffre reste à relativiser et à opposer à d’autres auxquels nous ne pensons jamais. D’abord, il faut rappeler que plus d’un demi-million de gens meurent chaque année en France.  Un chiffre qui ne devrait pas s’améliorer dans les prochaines années à cause de la fin de vie des gens nés au cours du baby-boom.

Accidents bêtes

Sur ces 580 000 décès, on compte environ 21 000 personnes qui meurent d’accident de la vie courante. On les appelle souvent accidents domestiques ou fréquemment accidents bêtes (comme s’il y avait des accidents intelligents) car ils sont souvent le fait de notre négligence.  Pourtant ces accidents ne baissent pas, contrairement à ceux de la route, et auraient même tendance à augmenter depuis l’instauration des 35 heures qui a permis à beaucoup plus de gens de bricoler chez eux. C’est mauvais le bricolage pour la santé. Combien de chutes de toit ou d’arbres !

9400 décès dus aux chutes !

En effet plus de 9400 personnes meurent de chute. Du toit, dans la rue et surtout dans les escaliers. Faudrait-il mettre des radars dans les escaliers ? Ensuite, on compte environ 3000 morts par étouffement suite à une suffocation lors de l’ingestion d’un aliment. Manger est deux fois plus dangereux que prendre la route. Pour ne pas vous plomber la journée, nous n’allons pas lister tous les décès dus aux accidents domestiques. Mais sachez qu’on compte environ 500 noyades par an, 1300 intoxications alimentaires et autour de 500 à 1000 décès dus à la pratique d’un sport. Alors que faut-il faire ? Ne plus prendre sa voiture, ne plus manger, ne plus descendre de son escalier, ne plus faire de sport ?  Non, bien évidemment. Vivre, c’est dangereux pour la santé !

2017/12/25

Que signifie « Rendez à César, ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu » ? Qu’il est légitime de payer l’impôt, pourvu que celui-ci serve aux missions de l’État et non à financer les associations bien-pensantes

Même si les chrétiens n’aiment pas parler d’argent, force est de constater que les Évangiles fourmillent de références à l’impôt
écrit Olivier Bertaux sur le site des Contribuables Associés.
 … À tout seigneur, tout honneur : commençons par la célèbre réplique « Rendez à César, ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu » (Saint Marc, XII, 13-17 ; Saint Matthieu, XXII, 21 ; Saint Luc, XX, 25). Que signifie cette phrase ? Certes que politique et morale ne font pas bon ménage, mais aussi qu’il est légitime de payer l’impôt, pourvu que celui-ci serve aux missions de l’État et non à financer les associations bien-pensantes.

La parabole des talents nous apprend aussi que Jésus récompense celui qui fait fructifier son argent et condamne celui qui n’ose pas en gagner. Le Christ montre que l’enrichissement n’est pas répréhensible. Au contraire, les hommes sont incités à créer, Dieu punissant l’absence voulue de dynamisme. Dès lors, Jésus n’est peut-être pas libéral mais il n’est en tout cas pas favorable aux impôts qui dissuadent d’entreprendre, sanctionnent la richesse ou encore favorisent l’assistanat.

L’impôt excessif est contraire aux Évangiles

 … Quel enseignement tirer de ce passage [Saint Matthieu, XVII,  22-27] ?

…  D’abord, Jésus constate que les fils de rois sont libres car ils ne payent pas l’impôt. On peut donc en conclure que, selon l’Évangile, l’impôt restreint la liberté, contrairement à la vision révolutionnaire de l’impôt « consenti ».

Ensuite, l’impôt n’est pas une chose essentielle ni même sérieuse pour Jésus puisqu’il le place dans la bouche d’un poisson. L’impôt n’est donc pas absent des Évangiles mais appréhendé à sa juste valeur.

Cela dit, Jésus ne conteste pas qu’il faut payer l’impôt. Il explique à Pierre qu’il faut s’acquitter de ses devoirs terrestres et ne pas les mépriser mais qu’il y a quelque chose de plus important que cela : la liberté accordée aux fils du Royaume, c’est-à-dire aux enfants de Dieu. Le salut et la vie éternelle promis aux chrétiens primeront toujours. Le spirituel dépasse le matériel. Débarrassons-nous donc des contingences matérielles pour arriver l’esprit libre jusqu’aux choses spirituelles.

Bien entendu, l’impôt manque de spiritualité et il faut donc l’écarter rapidement pour parvenir à l’essentiel. Il ne s’agit pas d’évasion mais plutôt d’évacuation fiscale. Jésus hiérarchise les sujets et remet l’impôt à sa place, celle d’en bas réservée aux problèmes matériels. Bref, l’impôt doit être payé mais il ne doit pas être surévalué. C’est d’ailleurs là l’essentiel du message.

L’impôt ne doit pas détourner l’homme de ses vrais devoirs et encore moins l’empêcher de les accomplir. Or, la charité et la générosité font partie des devoirs du chrétien. Quand un homme lui demande comment faire pour respecter son enseignement, Jésus lui répond qu’il n’a qu’à se débarrasser de tous ses biens et le suivre (Saint Matthieu, XIX, 20).

Encore faut-il qu’il le fasse de son propre gré.

Si la charité est imposée, ce n’est plus de la charité. Autrement dit, lorsque l’État prend aux citoyens plus de la moitié de leurs revenus et les oblige à s’appauvrir au nom de la solidarité et de l’égalité, il les empêche de pratiquer la charité et leur ôte tout moyen de se montrer généreux.

L’impôt excessif est donc contraire aux Évangiles. Jésus demande aux hommes d’être généreux spontanément et non à l’État de les contraindre à l’être.

2017/12/18

Nice-Matin: "Limite de Lenteur"

Ma lettre à Nice-Matin a été publiée dans le quotidien samedi.

Ils ont enlevé plus de 50%. C'est une chose à laquelle on ne peut échapper, à laquelle il faut toujours s'attendre, et souvent les rédactions du journal ne le font pas particulièrement bien.

Dans ce cas-ci, chapeau ! Les rédacteurs du quotidien de la Côte d'Azur ont coupé huit phrases pour gardé quatre phrases raccourcies, choisissant les meilleures parties pour mettre le sujet central en avant.
Limite de lenteur
Quand les conducteurs lambda sont verbalisés, ce n’est pas pour avoir roulé trop vite, c’est pour «ne pas avoir roulé assez lentement ». On ne devrait pas dire « la limite de vitesse » mais « la limite de lenteur ». La première cause de mortalité sur les autoroutes, ce n’est nullement la vitesse mais la somnolence. Or, quelle est la cause de la somnolence si ce n’est une limite de vitesse « soporifique » ? 
ERIK SVANE, MANDELIEU-LA-NAPOULE
L'original :
Le problème fondamental avec la (soi-disante) sécurité routière, c'est que dès la case départ, les autorités trichent — le gouvernement triche avec les termes de base propres à la conversation.

Je parle évidemment d'expressions (orwelliennes?) comme la "limite de vitesse" ainsi que des "délinquants" (sic) arrêtés pour "excès de vitesse".

Quand les conducteurs lambda sont verbalisés, ce n'est pas pour "avoir roulé trop vite" : non, pas du tout. N'ayons pas peur de dire la vérité : c'est pour "ne pas avoir roulé assez lentement".

La conclusion est inévitable : On ne devrait pas dire "la limite de vitesse" mais "la limite de lenteur".

C'est une limite de lenteur que la France, comme le seul pays de l'Union Européenne (!), propose maintenant de réduire encore plus — afin d'accroître la répression, la persécution, et le matraquage des contribuables ?

Non seulement il y a un racket certain avec les radars, mais on pourrait en plus accuser le gouvernement d'entraver son rôle attitré (la protection de la population) et de rendre la route plus dangereuse pour tous.

La première cause de mortalité sur les autoroutes, en effet — ces routes qui sont les plus sûres du pays —, ce n'est nullement la vitesse mais la somnolence.

Or, quelle est la cause de la somnolence si ce n'est une limite de vitesse soporifique (ou, plutôt, une limite de lenteur soporifique) ?
D'autres avis intéressants dans Nice-Matin comprennent les suivants :
Des voies dédiées
Ce n’est pas réduire la vitesse qui va limiter les accidents, bien au contraire. Je fais beaucoup de route et je m’aperçois que ce sont les véhicules roulant à faible vitesse qui sont dangereux. Il faudrait instaurer des vitesses sur les 3 voies, celle de droite à 90, celle du milieu à 120 celle de gauche à 150. 
ARNAUD LE DROUMAGUET, SIX-FOURS

Remplir les caisses
La réduction de la vitesse, c’est une histoire de sécurité mais surtout de pognon. Diminuer la vitesse, c’est pour remplir les caisses de l’État ! Les radars sont placés de façon à être le plus rentables possible. Les PL ne respectent rien ils font ce qu’ils veulent sans aucune sanction ! 
GUY POISSON, SOSPEL

Pas seulement la vitesse
Le problème est loin d’être lié seulement à la vitesse. Les voitures actuelles sont sécurisées par les constructeurs. Par contre, certaines routes ne sont pas en état. Et certaines imbécillités de conducteurs (circulation sur la voie du milieu sur autoroute, téléphone à l’oreille...) devraient être sanctionnées plus fort encore. Ne pas oublier l’alcool, les stupéfiants et la conduite délirante de certains, sans clignotant par exemple. Cette limitation est destinée à faire rentrer plus d’argent dans les caisses de ce pays en ruine. 
GUY BROUSTINE, MANDELIEU

L’écart avec les poids-lourds
L’abaissement de 90 à 80 km/heure n’a qu’un objectif , c’est d’augmenter la rentabilité des radars. Les poids lourds rouleront à la même vitesse que les voitures, rendant impossible les dépassements et formant d’interminables files . Il faut au contraire augmenter l’écart de vitesse des véhicules légers avec les poids lourds. Nous éviterions le remplacement des panneaux pour des dizaines de millions d’euros. Les Anglais et les Allemands ne sont-ils pas à 100 km/h sur les routes à double sens de circulation pour les véhicules légers ? Où en sommes-nous des contrôles des conducteurs roulant sans permis, provoquant des délits de fuite dangereux en cas d’incident ? 600 000 inconscients paraît-il ! 
PIERRE BRESSOU, BANDOL

2017/12/17

Guy Sorman sur l'Orient, toujours méconnu

Dans Le Point, Guy Sorman signe un papier :

2017/12/16

La limite de lenteur

Le problème fondamental avec la (soi-disante) sécurité routière, c'est que dès la case départ, les autorités trichent — le gouvernement triche avec les termes de base propres à la conversation.

Je parle évidemment d'expressions (orwelliennes?) comme la "limite de vitesse" ainsi que des "délinquants" (sic) arrêtés pour "excès de vitesse".

Quand les conducteurs lambda sont verbalisés, ce n'est pas pour "avoir roulé trop vite" : non, pas du tout. N'ayons pas peur de dire la vérité : c'est pour "ne pas avoir roulé assez lentement".

La conclusion est inévitable : On ne devrait pas dire "la limite de vitesse" mais "la limite de lenteur".

C'est une limite de lenteur que la France, comme le seul pays de l'Union Européenne (!), propose maintenant de réduire encore plus — afin d'accroître la répression, la persécution, et le matraquage des contribuables ?

Non seulement il y a un racket certain avec les radars, mais on pourrait en plus accuser le gouvernement d'entraver son rôle attitré (la protection de la population) et de rendre la route plus dangereuse pour tous.

La première cause de mortalité sur les autoroutes, en effet — ces routes qui sont les plus sûres du pays —, ce n'est nullement la vitesse mais la somnolence.

Or, quelle est la cause de la somnolence si ce n'est une limite de vitesse (sic) soporifique (ou, plutôt, une limite de lenteur soporifique) ?

Mise à jour : Une version raccourcie de ce texte a été publiée dans Nice-Matin

2017/12/14

la multiplication du nombre de radars-tirelire : une augmentation exponentielle des infractions par grignotage, celles des « bons pères de famille »


L'information révélée par Le Point selon laquelle le gouvernement s'apprête à annoncer en janvier la baisse de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles ne fait pas que des heureux
écrit Jacques Chevalier.
Bien que consultées au travers des travaux du Comité national de sécurité routière (CNSR) et qui, dans ce cadre, n'en a pas entendu parler, les associations comme la Ligue de défense des conducteurs ou 40 millions d'automobilistes craignent en effet que l'expérience menée depuis deux ans sur 81 kilomètres de nationales ne soit étendue à l'ensemble du territoire.

40 millions d'automobilistes, émanation des automobile-clubs, estime pour sa part que « la menace est bien réelle pour les automobilistes et qu'une telle mesure ne permettrait en aucun cas d'améliorer la sécurité routière. » Elle a aussitôt lancé une pétition en ligne (www.nonalabaissedeslimitationsdevitesse.fr) pour que chacun se mobilise sur une mesure qu'elle estime totalement inappropriée. Et, en déroulant de solides arguments, elle s'appuie aussi sur l'état de l'opinion en citant plusieurs sondages.

« À la question : Faut-il réduire la limitation de vitesse sur le réseau routier ? posée par Le Parisien en avril 2015, les Français avaient répondu non à 74 % ! » rappelle Daniel Quéro, président de 40 millions d'automobilistes. Un résultat à peu près concordant avec le sondage effectué le 1er décembre par Le Point après la révélation de la mesure où à la question « Le passage à 80 km/h des routes sans séparation physique peut-il réduire le nombre d'accidents ? », 63,3 % des lecteurs du Point ont répondu « non » pour 36,7 % de « oui ». Et cela sur un total de 33 353 avis exprimés qui ne souffre pas de discussion.

Mais peu importe les sondages lorsque l'objectif assigné par le gouvernement précédent est d'abaisser le nombre de morts à 2 000 en 2020 (3 477 en 2016). Repris à son compte par l'actuel Premier ministre Édouard Philippe, dont dépend directement le dossier, la solution consiste à apporter un tour d'écrou supplémentaire à une politique routière quelque peu binaire. Entre formation des conducteurs et répression, les politiques ont choisi et, puisqu'ils sont nuls au volant, ce sera donc 80 km/h demain en attendant la voiture autonome. Sauf peut-être si les associations parviennent à mobiliser largement contre, s'il est encore temps. La Ligue de Défense des Conducteurs le croit car elle avait déjà, précédemment, réussi à atteindre 1,5 million signatures et la relance pour attiendre "1,8 ou même 2 millions de signatures à notre pétition", en diffusant le lien vers sa pétition. Pourquoi autant de mécontentement ? Il y a plusieurs bonnes raisons à cela.

80 demain, pourquoi pas 70 ou 50 après-demain

Certains experts demandent déjà une baisse à 70 km/h et ils ont tort car si c'est le risque zéro qu'il faut viser, c'est 7 km/h qu'il faut décréter. Cette allure est celle où un passager non attaché – il a tort – peut déjà subir des séquelles graves, comme une personne chutant d'un vélo ou dans un escalier. Tous les progrès de l'automobile ramenés à cela seraient évidemment totalement inconséquents.
Un axe majeur de la sécurité routière

C'est pourtant ce raisonnement de baisse du risque mortel qui préside aujourd'hui à l'érosion des allures sur route. L'idée selon laquelle réduire la vitesse maximale autorisée sur les routes secondaires pourrait améliorer la sécurité des usagers n'est pas nouvelle : en 2013 rappelle Daniel Quéro, Manuel Valls – alors ministre de l'Intérieur – annonçait déjà une « baisse inéluctable des limitations de vitesse », qui permettrait de « sauver 450 vies ». Sur la foi de quoi, nul ne le sait.

Une expérience faussée

Pour étayer la mesure du 80 km/h, une expérience de deux ans portant sur 81 km de nationales sélectionnées s'est achevée en juillet dernier. Nul n'en connaît encore les résultats, mais ils sont de toute façon peu crédibles. « En effet, dénonce Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, le gouvernement a tout mis en œuvre pour que l'expérimentation soit des plus probantes : en plus de l'abaissement de la limitation de vitesse à 80 km/h, de lourds travaux de rénovation de la chaussée et l'installation de glissières de sécurité ont complété le dispositif. De quoi fausser la comparaison avec la situation initiale et faire triompher les lobbies anti-voiture qui poussent la mesure depuis des années. »

Des résultats masqués

Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Bernard Cazeneuve, avait déclaré que « l'expérimentation sera transparente, honnête et rigoureuse », ce qui rend d'autant plus suspect le secret qui entoure le bilan. « Quoi qu'il en soit, ce silence n'est pas tolérable, les Français doivent avoir accès aux résultats de l'étude, sans quoi toute annonce gouvernementale est inacceptable », assène Pierre Chasseray. À sa demande, celle-ci sera reçue le 12 décembre prochain par le préfet de la Haute-Saône pour communication des résultats de l'expérimentation.

Ce véritable tour d'écrou supplémentaire, associé à la multiplication du nombre de radars-tirelire et à la privatisation des radars embarqués voulue par le gouvernement (également en expérimentation en Normandie depuis septembre 2017) laisse craindre une augmentation exponentielle des infractions par grignotage, celles des « bons pères de famille ». Pour quelques kilomètres-heure de trop, et à la différence des vrais délinquants du volant sur lesquels on n'a pas prise, ceux-là sont solvables et c'est bien ce qui importe. Et à 80 km/h, la moisson s'annonce généreuse.

2017/12/13

À contresens du progrès — L'automobile, toujours plus moderne et de plus en plus bardée de systèmes, est le seul objet de consommation beaucoup plus efficace que les générations précédentes et pourtant condamné à rouler moins vite


À quoi servent les expérimentations si les résultats ne sont pas divulgués et commentés ?
demande Jacques Chevalier dans Le Point.
C'est pourtant, à un moment crucial pour la Sécurité routière, ce qui arrive à l'essai grandeur nature du 80 km/h sur trois tronçons de routes françaises, représentant 81 kilomètres de réseau test. Alors que l'expérimentation avait débuté à l'été 2015 à l'initiative de Manuel Valls, alors Premier ministre, et de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, on apprend qu'au terme de cette étude de deux ans aucun résultat ne sera divulgué.

Interrogé par notre confrère de Franceinfo sur les conclusions de l'expérimentation, le délégué interministériel à la sécurité routière a indiqué qu'il y avait « plutôt des résultats favorables en termes d'accidentalité » et que cela ne « provoquait pas de ralentissements ». Emmanuel Barbe semble même posséder des chiffres précis …

Étude faussée

On reste interdit par tant de candeur, car ce Monsieur Sécurité routière, qui estime aujourd'hui le recul insuffisant pour apprécier vraiment les résultats, occupait les mêmes fonctions en 2015. Et cela avec un gouvernement qui prônait, avant de se décider vraiment, une étude grandeur réelle sur les trois tronçons sélectionnés. La réalité serait ailleurs, relevée par Auto-Plus, avec des aménagements de chaussées et la pose de systèmes de sécurité qui auraient faussé la base de comparaison de l'étude.

Nos confrères, en juin dernier, ont en effet identifié sur les nationales 151 et 57 d'importants travaux d'amélioration de la chaussée engagés dès le début de l'expérience, et de nature à fausser toute comparaison. C'est pire encore sur la RN7 où le 90 km/h est déjà difficile à tenir en raison de la configuration des lieux, des nombreuses traversées d'agglomération et des zones déjà limitées à 70 km/h. Comme par hasard, l'enrobé a été rafraîchi, on a créé un giratoire, la circulation a été interrompue durant la nuit et les peintures au sol ont été refaites à neuf.

Cela n'a pas empêché le Premier ministre Édouard Philippe de se déclarer favorable « à titre personnel à l'abaissement de 90 à 80 km/h » sur les routes nationales et départementales. Comme si son avis personnel avait plus de valeur que celui de n'importe quel citoyen. …

Progrès inutilisable

« C'est une donnée scientifique qui a été mesurée par de nombreuses études dans le monde », [a poursuivi Emmanuel Barbe], péremptoire. « Si on fait baisser de 10 % la vitesse moyenne, on obtient une baisse de 4,6 % du nombre de morts », a-t-il indiqué, ajoutant que cette mesure « avait fait l'objet d'une recommandation du Conseil national de la sécurité routière en 2014 ». Si on le suit selon cette savante formule érigée en dogme, en faisant baisser de 100 % la vitesse, on n'obtiendrait qu'une baisse de 46 % du nombre des tués.

Le propos des associations n'est pas de contester au fond cette affirmation qui tendrait, dans l'absolu, à descendre à 0 km/h pour déterminer peut-être un « zéro risque ». Ce qu'elles veulent, c'est une approche radicalement différente de la sécurité routière qui permette d'agir en amont sur les causes possibles d'accidents afin de l'éviter, et non, en aval comme avec la réduction de vitesse, pour en réduire la gravité. C'est notamment tout un système d'éducation, depuis l'école jusqu'au permis de conduire, qu'il faudrait reprendre et qui seul permettrait de contenir les comportements irresponsables.

Au lieu de cela, notre Monsieur Sécurité routière avance le contre-exemple de la Suède qui roule à 70 km/h, comme s'il indiquait une direction future qui ne fait guère de doute s'il obtient le 80 km/h pour lequel il milite. Cela ferait de l'automobile, toujours plus moderne et de plus en plus bardée de systèmes, le seul objet de consommation moderne beaucoup plus efficace que les générations précédentes et pourtant condamné à rouler moins vite. À contresens du progrès. Acheter un objet que l'on n'utilisera pas est de nature à engendrer des frustrations, voire à dissuader de changer de voiture. À quoi bon en effet payer pour un véhicule plus sophistiqué dont on sait qu'on n'exploitera pas les possibilités. Les constructeurs français ne semblent pas encore s'en alarmer pas plus que le ministère des Finances qui pourrait voir se tarir l'une de ses sources favorites de financement.